Charles ARDANT Du PICQ

Biographie

    CHARLES JEAN JACQUES JOSEPH ARDANT DU PICQ (19/10/1821, Périgueux – 18/8/1870, 48 ans, mort au combat, Metz) est un colonel et théoricien militaire français.

   Il est né dans une famille qui n’avait pas de tradition militaire particulière, mais il aime l’histoire de l’armilitaire, alors Il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et a sorti de sous-lieutenant (11/1842).

    Alors il est affecté au 67e régiment d’Infanterie de ligne à Lyon (10/1844), est nommé lieutenant (5/1848) et capitaine (8/1852), alors au 9e Bataillon de chasseurs à pied (12/1853). Il participe à la Guerre de Crimée (1854-1856), est fait prisonnier à Sébastopol. Il est promu Chef de bataillon du 100e régiment d’infanterie de ligne (2/1856), puis au 16e bataillon de chasseurs à pied (3/1856), et pour en prendre le Commandement – Chef de Corps (4/1858–1/1863). Il participe à la Campagne de Syrie (12/1860-6/1861). Il est muté au  55e Régiment d’infanterie de ligne avec le grade de lieutenant-colonel (1/1864). Il prend part à la Répression en Algérie (1864-1866). Il prend le Commandement du 10e Régiment d’Infanterie de ligne à Limoges (6e corps d’armée, 1re division, 1re brigade) avec le grade de colonel (2/1869).

    Il est gravement blessé au Combat de Longeville-lès-Metz (8/1870) alors que son unité traverse la Moselle en direction de Verdun. Il a une jambe fracturée et la cuisse ouverte par un éclat d’obus tiré par des batteries allemandes situées sur les hauts de Montigny1. Il meurt à l’Hôpital militaire de Metz (18/8/1870).

   Aujourd’hui, deux casernes militaires portent son nom – ARDANT DU PICQ. L’une est située à Périgueux, l’escadron de gendarmerie mobile 47/2 y réside. L’autre est située à Saint-Avold en Moselle.

Doctrine

    L’essentiel de sa doctrine est exprimé dans Études sur le Combat4. Ouvrage comparant “guerre ancienne” et “guerre moderne“, commentant les feux d’infanterie et les compagnies du centre [du dispositif], et se concluant par un ensemble de lettres et par le résultat des questionnaires qu’il a fait parvenir à des militaires.

    Son idée maîtresse consiste à démontrer qu’alors que le combat ancien était fondé sur le duel face à face, le combat moderne, de par la technologie, éloigne les deux belligérants qui ne se voient pas et qui agissent l’un sur l’autre à distance. Le fait de ne pas voir son adversaire induit que le combattant est livré à lui-même et que sa puissance repose sur sa force morale. Autrement dit le combat repose avant tout sur l’être humain et notamment sur sa psychologie (« Étudions donc l’homme dans le combat car c’est lui qui fait le réel »). En effet, pour lui, la défaite est avant tout une rupture psychologique due notamment à la peur et qui génère le désordre, la confusion et la panique. Pour lutter contre cette peur et prendre l’ascendant, il faut éduquer la force morale des soldats à travers la discipline, la confiance et la solidarité. La victoire se fonde donc sur une éducation du soldat qui doit être solidement commandé par des officiers convaincus de leur rôle.

    ARDANT DU PICQ se place donc délibérément dans une perspective très différente de celle de la pensée militaire dominante de l’époque, encore lourdement marquée par l’épopée napoléonienne et fondée sur la supériorité du nombre et des moyens. Il ne se prive d’ailleurs pas de critiquer la théorie des « gros bataillons ». Son approche est à la fois très scientifique et très moderne puisqu’il extrait ses conclusions de questionnaires qu’il diffuse auprès des officiers, sous-officiers et soldats « ayant fait la guerre ».

   Les tenants de l’« offensive à tout prix » qui guident l’armée française pendant les premiers mois de la Première Guerre mondiale ont repris à leur compte la théorie de l’ascendant psychologique; mais dans la pensée d’ARDANT DU PICQ, le feu tue et le combat moderne est un combat à distance qui refuse le corps à corps.

  Après 140 ans, ARDANT DU PICQ est un penseur militaire particulièrement moderne et pertinent par la vision qu’il a de la violence guerrière et de la psychologie du combattant. Sa perspective «microstratégique», vue du combattant, tranche sur les approches «macrostratégiques» qui privilégient la manœuvre des masses et des nombres. Sa place reste donc prépondérante dans les bibliothèques militaires, en particulier chez les anglo-saxons.

Œuvres

  • CHARLES ARDANT DU PICQ, Études sur le combat, Paris, Champ libre, 1978.
  • CHARLES ARDANT DU PICQ, Études sur le combat, consultation sur Gallica.

REMARQUES:
1.  Quesnoy Ferdinand (Dr), Campagne de 1870 – Armée du Rhin, Editions Furne, Jounet et Cie, Paris 1872 (p. 39).
2. «Patrimoine: Des Naboriens se battent pour garder la caserne », Républicain Lorrain, 19 juillet 2013 (consulté le 14 juin 2020).
3.  Revue généalogique.
4. Publié en 1880 chez Hachette et Dumaine (réédité par Champ libre en 1978).

NOTES:
◊  Source:  L’Encyclopedia libre – wikipedia.org.
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